{"id":84,"date":"2016-09-16T10:11:12","date_gmt":"2016-09-16T10:11:12","guid":{"rendered":"http:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/?page_id=84"},"modified":"2016-09-16T10:11:12","modified_gmt":"2016-09-16T10:11:12","slug":"1874-1907-reveil-politique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/1874-1907-reveil-politique\/","title":{"rendered":"1874 &#8211; 1907 : r\u00e9veil politique"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;acceptation de la nouvelle Constitution f\u00e9d\u00e9rale en 1874 donne au Cercle un nouvel enthousiasme. C&rsquo;est un r\u00e9veil politique. On f\u00eate cet \u00e9v\u00e8nement par un banquet r\u00e9unissant toute la fleur du lib\u00e9ralisme fribourgeois. D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des districts, repr\u00e9sentants des soci\u00e9t\u00e9s ouvri\u00e8res, banquiers, n\u00e9gociants, industriels, hommes d&rsquo;affaires, \u00e9tudiants se coudoient. Toasts et discours f\u00eatent le succ\u00e8s de la R\u00e9vision. On affirme \u00ab la victoire du parti lib\u00e9ral par le Cercle\u00a0\u00bb. On \u00e9prouve le d\u00e9sir de collaborer avec les autres soci\u00e9t\u00e9s lib\u00e9rales afin de faire \u00ab triompher le parti lib\u00e9ral par l\u2019union et l&rsquo;unit\u00e9 \u00bb. Le po\u00e8te Sciob\u00e9ret de Bulle pense que \u00ab\u00a0la mission des cercles politiques est d&rsquo;entretenir le feu sacr\u00e9\u00a0\u00bb. L&rsquo;avocat Marmier, pr\u00e9sident, souhaite dans un t\u00e9l\u00e9gramme \u00ab que le Cercle rallie \u00e0 son foyer tous les vaillants Lib\u00e9raux de la ville de Fribourg et qu&rsquo;il pr\u00e9side aux luttes et aux destin\u00e9es du parti radical fribourgeois tout entier \u00bb. Bielmann, r\u00e9dacteur du Conf\u00e9d\u00e9r\u00e9 \u00ab exhorte les lib\u00e9raux fribourgeois, \u00e0 quelque nuance qu&rsquo;ils appartiennent, \u00e0 s&rsquo;unir et \u00e0 travailler \u00e0 la propagation des id\u00e9es lib\u00e9rales dans le canton par la presse et l\u2019association \u00bb. Fasnacht, avocat \u00e0 Morat dit que le \u00ab\u00a0parti radical fribourgeois a besoin de coh\u00e9sion, d&rsquo;organisation ; il trouvera des armes puissantes dans la nouvelle Constitution f\u00e9d\u00e9rale de 1874\u00a0\u00bb. Enfin, le notaire Hartmann, v\u00e9t\u00e9ran du Cercle, note qu&rsquo;en 1830, les lib\u00e9raux \u00abn&rsquo;ont point fait d&rsquo;ostracisme; ils ont pris dans tous les partis ce qu&rsquo;il y avait d&rsquo;intelligent et d&rsquo;honn\u00eate pour gouverner \u00bb1. II souhaite que le gouvernement fribourgeois l&rsquo;entende. II fait appel apr\u00e8s une p\u00e9riode d&rsquo;apathie du Cercle, \u00e0 la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration et \u00e0 la jeunesse. Le banquet organise par le Cercle en 1874 est ainsi place sous le signe de la jeunesse et du r\u00e9veil politique des lib\u00e9raux fribourgeois.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, la cr\u00e9ation du Cercle catholique~, amena les lib\u00e9raux \u00e0 durcir leurs positions et \u00e0 s&rsquo;opposer \u00e0 tout ce que celui-ci pr\u00e9conisait et \u00e0 soutenir tout ce qu&rsquo;il ex\u00e9crait. Sans entrer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans J\u2019ar\u00e8ne politique, le Cercle \u00e9prouve la n\u00e9cessit\u00e9 de se pr\u00e9munir contre l\u2019intransigeance croissante du Cercle catholique et de ses adeptes.<\/p>\n<p>Une propagande s&rsquo;organise pour augmenter l&rsquo;effectif du Cercle. On cherche \u00e0 y introduire des amis politiques \u00e9trangers \u00e0 la ville. Les contacts avec les cercles de Bulle, d&rsquo;Estavayer, de Romont, de Morat, avec les soci6tes du Gr\u00fctli et des Arts et M\u00e9tiers se multiplient. Certains voudraient laisser aux campagnards \u00ab libre acc\u00e8s\u00bb dans le local, les jours de marche. A l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture d&rsquo;une Ecole militaire \u00e0 Fribourg, le colonel f\u00e9d\u00e9ral Salis est informe que les locaux du Cercle sont ouverts \u00e0 messieurs les officiers pendant toute la dur\u00e9e de l&rsquo;\u00e9cole; comme cela avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 le cas en 1847 &#8211; 1848 pour le g\u00e9n\u00e9ral Dufour et ses officiers.<\/p>\n<p>A partir de 1875, l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement le plus important dans la vie du Cercle et qui se renouvelle chaque deux ou trois ans, c&rsquo;est son banquet. II est fr\u00e9quent\u00e9 par de nombreux amis politiques du canton et de la Suisse. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de faire le point, d&rsquo;\u00e9couter des orateurs d\u00e9fendre les principes d\u00e9mocratiques. C&rsquo;est une esp\u00e8ce d&rsquo;examen de conscience patriotique. On compte ses forces, on cherche comment \u00e9branler la puissance conservatrice. Des tribuns d\u00e9ploient leur \u00e9loquence \u00e0 encourager I&rsquo; opposition, \u00e0 secouer la tutelle politique install\u00e9e dans le canton. Mais ce flot de paroles ne r\u00e9ussit pas \u00e0 mettre en p\u00e9ril la forteresse conservatrice. II manque les actes. Evidemment, le Cercle n&rsquo;en a pas les moyens, et les banquets termines, la flamme s&rsquo;apaise, s&rsquo;\u00e9teint parfois. Mais ceux-ci gardent le privil\u00e8ge de proclamer bien haut les m\u00e9contentements, de se donner une impression de coh\u00e9sion, un espoir de victoire. II n&#8217;emp\u00eache que les joutes oratoires de 1875, 1877, 1881, 1882 sont dignes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Evoquons-en quelques-unes et nous comprendrons aussi mieux la boutade de Benjamin Constant disant que \u00ab le parti lib\u00e9ral a pass\u00e9 sa vie \u00e0 toaster \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi le banquet de 1875 s&rsquo;ouvre sur un toast de bienvenue au peintre et sculpteur Gustave Courbet qui a fait don au Cercle d&rsquo;une reproduction de sa sculpture :<\/p>\n<p>L&rsquo;Helv\u00e9tie ou la Libert\u00e9. Le banquet sera \u00e9videmment place sous le th\u00e8me de la libert\u00e9 que Courbet dit avoir retrouv\u00e9e en Suisse. Puis, c&rsquo;est le salut aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des associations ouvri\u00e8res, aux d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des districts: \u00ab C&rsquo;est en marchant la main dans la main, en d\u00e9fendant solidairement nos int\u00e9r\u00eats communs, et non pas par de vaines th\u00e9ories d&rsquo;isolement, que nous pourrons r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer notre pays et r\u00e9soudre d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9quitable les grands probl\u00e8mes sociaux et politiques.<\/p>\n<p>A l&rsquo;occasion de cette f\u00eate patriotique du parti lib\u00e9ral, comme en 1848 le Cercle recevait 1a visite de Druey, le grand homme d&rsquo;Etat vaudois, c&rsquo;est le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de Gen\u00e8ve Carteret qu&rsquo;il invitait en 1875. Celui-ci d\u00e9clarait: \u00ab Ainsi nous voyons les lib\u00e9raux fribourgeois luttant depuis vingt ann\u00e9es, croyant conqu\u00e9rir leur libert\u00e9 et la voyant toujours s&rsquo;\u00e9chapper\u2026, nous ferons tout pour vous sortir de votre affreuse position \u00bb.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces promesses, le sort des Lib\u00e9raux fribourgeois n&rsquo;avait gu\u00e8re change en 1877. De nouveau, de virulents discours sont \u00e9changes. Urbain Schaller, pr\u00e9sident, rappelle l&rsquo;anniversaire du Sonderbund \u00ab Honneur aux patriotes de 1847 qui ont sacrifi\u00e9 biens et vie pour terrasser l&rsquo;hydre aux sept t\u00eates et sauver la Patrie! \u00bb. On d\u00e9sire mettre deux choses en pratique: la Constitution f\u00e9derale de 1874 et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;instruction populaire.<\/p>\n<p>120 membres se rendaient \u00e0 l&rsquo;appel le 20 f\u00e9vrier 188l. L&rsquo;avocat Bielmann, pr\u00e9sident, concluait en ses termes: \u00ab La journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 bonne pour le Cercle et pour le lib\u00e9ralisme fribourgeois. II y a un r\u00e9veil significatif dans l&rsquo;opinion, on ne saurait le nier\u00a0\u00bb \u00bb. Le vice-pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration Ruchonnet assistait au banquet du 29 janvier 1882. Bielmann retrace, \u00e0 cette occasion, l&rsquo;histoire du Cercle, son r\u00f4le, son action, sa fondation qu&rsquo;il fait remonter en 1814. \u00ab Le protocole du Cercle, dit-il, est l&rsquo;histoire du lib\u00e9ralisme dans le canton de Fribourg \u00bb\u00a0\u00bb. Carteret trace en paroles de feu, le devoir des minorit\u00e9s dans le concert helv\u00e9tique, si l&rsquo;on veut arriver \u00e0 donner \u00e0 nos institutions lib\u00e9rales taus les d\u00e9veloppements qu&rsquo;elles comportent dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;instruction et de l&rsquo;\u00e9mancipation du peuple. Ruchonnet d\u00e9veloppe un parall\u00e8le entre les deux principes qui se disputent la pr\u00e9pond\u00e9rance dans nos affaires publiques: l&rsquo;autorit\u00e9 et la libert\u00e9. Comme \u00e0 chaque r\u00e9ception le conseiller aux Etats genevois Dufernex semble rappeler aux invites qu&rsquo;ils se trouvent dans un Cercle litt\u00e9raire et d\u00e9clame des alexandrins de son cru qu&rsquo;il intitule tant\u00f4t \u00ab Les \u00e9lus de l&rsquo;amour\u00bb, tant\u00f4t \u00abLa chanson d&rsquo;Aloys \u00bb. Mais, le moment po\u00e9tique passe, les discussions politiques reprennent pour se terminer sur une note artistique avec la Soci\u00e9t\u00e9 de chant sous la direction du c\u00e9l\u00e8bre Vogt.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 dans le courant politique, le Cercle s&rsquo;effor\u00e7ait de distinguer sa propre caisse et la caisse dite \u00ab\u00a0patriotique\u00a0\u00bb. En 1883, comme les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, le bureau du Cercle invitait par une circulaire ses membres et leurs familles \u00e0 collaborer \u00e0 une tombola \u00ab\u00a0dont le produit devait servir \u00e0 alimenter la Caisse patriotique\u00a0\u00bb (Circulaire imprim\u00e9e du bureau du Cercle, dat\u00e9e du 6.2. 1883). Il faut entendre \u00e9lectorale. Les dames des soci\u00e9taires participaient aussi \u00e0 \u00ab cette \u0153uvre nationale \u00bb en recueillant les dons et en arrangeant les lots. Personne \u00e9videmment ne refusait son offrande \u00e0 d&rsquo;aussi charmantes solliciteuses.<\/p>\n<p>Le banquet du Cercle couronnait ses efforts politiques le 2 d\u00e9cembre 1883 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel National &#8211; anciennement Abbaye des Marchands -. On discute de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 dans la r\u00e9partition des imp\u00f4ts, de la suppression des privil\u00e8ges et de la nomination des syndics et des fonctionnaires par le peuple\u00a0\u00bb. Le pr\u00e9sident H. Cuony ne craignait pas d&rsquo;affirmer que: \u00ab\u00a0avec l&rsquo;ostracisme qui r\u00e9gn\u00e9 \u00e0 Fribourg, il faut du courage pour affirmer des opinions lib\u00e9rales &#8230; il faut \u00eatre riche a Fribourg pour se payer des convictions ind\u00e9pendantes\u00a0\u00bb. II jugeait n\u00e9cessaire l\u2019\u00e9ducation populaire : \u00ab\u00a0quand le peuple sera instruit, les id\u00e9es lib\u00e9rales se propageront d&rsquo;elles-m\u00eames\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Puis les banquets ne furent plus organises avec r\u00e9gularit\u00e9. Le 18 d\u00e9cembre 1895 pourtant, les lib\u00e9raux-radicaux de la ville de Fribourg \u00ab dont le centre de ralliement est notre ancien Cercle Litt\u00e9raire et de commerce\u00a0\u00bb, se rassemblent \u00ab cette ann\u00e9e, apr\u00e8s les luttes des \u00e9lections communales et \u00e0 la veille des luttes de 1896\u00a0\u00bb. Si l&rsquo;on \u00e9prouve la n\u00e9cessite de se rencontrer c&rsquo;est afin de \u00ab\u00a0discuter ensemble des int\u00e9r\u00eats du pays et de la patrie suisse et de prendre des r\u00e9solutions pour l&rsquo;avenir\u00a0\u00bb. Un historique du Cercle est \u00e0 nouveau pr\u00e9sent\u00e9 par son pr\u00e9sident A. Galley; celui-ci porte sa fondation a 1816. Puis, on d\u00e9cide de reprendre la lutte contre l&rsquo;exclusivisme et l&rsquo;intransigeance. La question sociale est \u00e9voqu\u00e9e au banquet de 1897. Les soci\u00e9t\u00e9s ouvri\u00e8res, dont le Cercle des Travailleurs de la Neuveville et l&rsquo;Union ouvri\u00e8re de l&rsquo;Auge, sont repr\u00e9sent\u00e9es. Apr\u00e8s avoir retrac\u00e9 l&rsquo;\u0153uvre des hommes du gouvernement de 1848 &#8211; quant \u00e0 la l\u00e9gislation et aux chemins de fer &#8211; Bielmann souhaite pour le Cercle et le parti radical, \u00ab\u00a0de conserver le contact avec le parti ouvrier\u00a0\u00bb. II s&rsquo;agit de marcher avec lui \u00e0 \u00ab\u00a0la conqu\u00eate des droits populaires et des r\u00e9formes politiques\u00a0\u00bb, de promouvoir une \u00ab\u00a0r\u00e9organisation judiciaire et fiscale\u00a0\u00bb. Les questions d&rsquo;assistance, la cr\u00e9ation d&rsquo;asiles pour les vieillards, d&rsquo;une maternit\u00e9, d&rsquo;un hospice cantonal doivent \u00eatre les premi\u00e8res pr\u00e9occupations. Au nom des cercles ouvriers, Marc Bardy remercie le parti radical de la sollicitude qu&rsquo;il porte aux questions sociales. En 1899, les m\u00eames questions sont d\u00e9battues en pr\u00e9sence du Conseiller f\u00e9d\u00e9ral Lachenal. II s&rsquo;agit de soutenir les \u0153uvres \u00e9minemment sociales comme, par exemple, la loi f\u00e9d\u00e9rale sur les assurances obligatoires.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 partir de 1875, les th\u00e8mes d\u00e9fendus par les membres du Cercle \u00e9taient soulev\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion des banquets. Les protocoles transcrivent surtout les d\u00e9lib\u00e9rations d&rsquo;ordre mat\u00e9riel, sans grand int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;histoire du Cercle. A n&rsquo;\u00e9couter que les discours de banquet dans le dernier quart du XIXe si\u00e8cle, on serait tente d&rsquo;identifier le Cercle au parti radical. II est vrai que la d\u00e9marcation entre les deux est, \u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00e0 peine perceptible. Bielmann disait en 1883: \u00ab\u00a0Si vous voulez d\u00e9truire l\u2019esprit patriotique &#8211; il faut entendre politique -, le Cercle n&rsquo;a plus sa raison d&rsquo;exister et tomberait en peu de temps\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Plusieurs membres, repr\u00e9sentant la survivance de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment lib\u00e9ral-mod\u00e9r\u00e9 sont inquiets de cette tournure politique que le Cercle a prise, une fois de plus. Ils demandent, en 1888, une r\u00e9vision des statuts, une r\u00e9organisation du Cercle. L&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 21 janvier 1891 d\u00e9clare que \u00ab\u00a0le Cercle doit se tenir en dehors de toute politique tant que les statuts ne seraient pas r\u00e9vis\u00e9s, les r\u00e9unions politiques au local du Cercle \u00e9taient anormales\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La r\u00e9vision de 1896 ne fait que sous-entendre ce but politique attribue au Cercle&rsquo; : \u00ab\u00a0il a \u00e9galement pour but de propager les id\u00e9es de progr\u00e8s, de libert\u00e9 et d&rsquo;ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 1903, quinze membres demandent encore un changement partiel des statuts dans un sens plus franchement politique. Paul Guerig trouve qu&rsquo;ils ne \u00ab\u00a0d\u00e9finissent pas assez nettement le but que poursuit notre Cercle, but qui est avant tout politique\u00a0\u00bb. Les adversaires de cette r\u00e9vision ne trouvent pas opportun d&rsquo;inclure dans les statuts que le Cercle offre aux citoyens du parti lib\u00e9ral-radical un centre de r\u00e9union. Ils pensent que cela pourrait nuire \u00e0 certains membres. Et, ils craignent qu&rsquo;il devienne \u00ab\u00a0le centre de ralliement de tout le parti Lib\u00e9ral-radical-socialiste\u00a0\u00bb. En effet, la peur du socialisme poussait certains \u00e9l\u00e9ments \u00e0 cette intransigeance. D&rsquo;autre part, \u00ab\u00a0cette nouvelle transformation du Cercle compromettra s\u00fbrement 1&rsquo;\u00e9tat de nos finances, car si la motion est admise, la caisse de notre Cercle deviendra forcement la caisse politique du parti radical \u00bb. Guerig r\u00e9torque : \u00ab Les protestataires ont \u00e9crit que l&rsquo;on voulait introduire des id\u00e9es radicales-socialistes au sein de notre association. Ce ne sont pas des id\u00e9es aussi avanc\u00e9es qui nous poussent \u00e0 la r\u00e9vision de nos statuts. Nous estimons le moment venu, \u00e0 la veille d&rsquo;entrer dans un nouveau local, d&rsquo;indiquer franchement ce qu&rsquo;\u00e9tait notre Cercle avec son \u00e9tiquette litt\u00e9raire et de commerce. De la litt\u00e9rature nous n&rsquo;en cultivons point, du commerce on n&rsquo;en discute pas. Notre Cercle n&rsquo;est-il donc qu&rsquo;un lieu de r\u00e9union pour des lotos ? L&rsquo;id\u00e9al des motionnaires est aussi de travailler \u00e0 la propagation des principes politiques de l&rsquo;opposition lib\u00e9rale-radicale fribourgeoise. C&rsquo;est contre soi-m\u00eame que l&rsquo;on doit se pr\u00e9munir et avoir la franchise de dire que nous sommes lib\u00e9raux-radicaux \u00bb.<\/p>\n<p>Apres l\u2019inauguration du nouveau local, Gu\u00e9rig revient \u00e0 la charge pour une modification des statuts: \u00abLors de l&rsquo;inauguration de notre local, tous les discours, sauf un, qui ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s sont des discours politiques. Donc, notre Cercle, quoiqu&rsquo;on en dise est un Cercle politique\u00a0\u00bb. Gu\u00e9rig souhaite \u00ab\u00a0qu&rsquo;il soit dit politique et soit rattach\u00e9 au grand parti d\u00e9mocratique national suisse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Par une habile diplomatie, Edouard Bielmann r\u00e9ussit \u00e0 repousser \u00e0 plus tard la motion Gu\u00e9rig. Celui-ci mourut en 1904, sans que les statuts aient \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s. Bielmann \u00e9mettra alors le v\u0153u de travailler \u00ab\u00a0politiquement davantage et que le Cercle soit \u00e0 disposition pour les r\u00e9unions politiques\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Nous avons besoin de serrer les rangs, de reformer le parti a cote des socialistes qui se sont organis\u00e9s \u00e0 Fribourg\u00a0\u00bb. Le socialisme, de plus en plus pressant, provoqua donc une \u00e9mulation certaine au sein des lib\u00e9raux-radicaux.<\/p>\n<p>En 1907 seulement, la r\u00e9vision des statuts oriente le Cercle vers un but diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;alors. Du salon de lecture il devient avant tout le foyer du parti radical. L&rsquo;article premier l&rsquo;annonce : \u00ab La Soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9gie par les pr\u00e9sents statuts, fond\u00e9e \u00e0 Fribourg sous la d\u00e9nomination de Cercle litt\u00e9raire et de commerce, a pour but de travailler \u00e0 la propagation des principes d\u00e9mocratiques et des id\u00e9es nationales suisses \u00bb. \u00ab Pour r\u00e9aliser ce but, le comit\u00e9 s&rsquo;efforcera d&rsquo;organiser au local de la Soci\u00e9t\u00e9, des conf\u00e9rences sur des sujets propres \u00e0 d\u00e9velopper l&rsquo;\u00e9ducation politique du citoyen, de m\u00eame que sur des questions touchant \u00e0 la litt\u00e9rature, aux arts, \u00e0 l&rsquo;industrie et au commerce\u00a0\u00bb. Le Cercle gardait cependant son \u00e9tiquette neutre et historique.<\/p>\n<p>II fallut donc bien se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence. Le Cercle ne pouvait poursuivre en 1900 le m\u00eame but qu&rsquo;en 1830. Ce salon de lecture avait presque toujours entretenu parall\u00e8lement quelque activit\u00e9 politique. Quand, au tournant du si\u00e8cle, la lecture des journaux n&rsquo;est plus le principal objectif des membres, il faut bien qu&rsquo;on d\u00e9finisse le v\u00e9ritable but de cette association. Les articles de 1907 ont statue un \u00e9tat de fait qui avait surtout \u00e9volue depuis le dernier quart du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;acceptation de la nouvelle Constitution f\u00e9d\u00e9rale en 1874 donne au Cercle un nouvel enthousiasme. C&rsquo;est un r\u00e9veil politique. On f\u00eate cet \u00e9v\u00e8nement par un banquet r\u00e9unissant toute la fleur du lib\u00e9ralisme fribourgeois. D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des districts, repr\u00e9sentants des soci\u00e9t\u00e9s ouvri\u00e8res, banquiers, n\u00e9gociants, industriels, hommes d&rsquo;affaires, \u00e9tudiants se coudoient. Toasts et discours f\u00eatent le succ\u00e8s de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-84","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/84","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/84\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":86,"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/84\/revisions\/86"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cercle-lc.ch\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}